Ce qui se passe vraiment, dans l'ordre
Le premier quart d'heure ressemble à une panne ordinaire : on redémarre, on appelle, on attend. C'est vers la deuxième heure que la nature du problème change. Le personnel cherche des contournements, chacun le sien. Les décisions se prennent sans les données. Vers la fin de la première journée, la question n'est plus « quand ça revient » mais « qu'est-ce qu'on annule ».
Direction Ce qu'il faut retenir
Une panne informatique longue n'est pas un problème d'informatique : c'est un problème de services rendus. Les premières victimes sont la paie, la facturation, les rendez-vous, l'accueil du public. Ce sont vos équipes, pas votre équipe TI, qui absorbent le choc, et elles improvisent si personne n'a écrit d'avance ce qu'elles doivent faire.
Gestionnaire Ce qu'il faut regarder
Ce que la panne révèle est toujours la même chose : personne ne sait dans quel ordre redémarrer.
- Quelles activités sont réellement à l'arrêt, et lesquelles tournent encore en mode papier.
- Qui a le mandat de décider d'annuler, de reporter, de fermer.
- Comment on parle aux usagers quand les canaux habituels sont en panne eux aussi.
- Ce que l'on perd de façon définitive à chaque heure qui passe.
La distinction utile est entre l'interruption et la perte. L'interruption se rattrape : le service reprend, le retard se résorbe. La perte de données ne se rattrape pas, elle se ressaisit ou elle disparaît. Ces deux dimensions se mesurent séparément, par le DMIA et le PDMA, et c'est de là que part tout le reste du plan.
- Cartographier la dépendance de chaque service à ses applications.
- Documenter le mode dégradé de chaque activité critique.
- Qualifier vite : panne, sinistre matériel ou cyberattaque.
- Tenir un journal horodaté des décisions, il servira au bilan et à l'assureur.
- Mesurer la durée réelle et la comparer aux objectifs affichés.
- Réviser les priorités à la lumière du vécu, pas de la théorie.